SAINTE MATRONE (Matrona, Madrona) sainte patronne de Barcelone


saintes patronnes de Barcelone Selon une première légende, sainte Matrone était native de Thessalonique. Selon une seconde sainte Matrone était de Barcelone et son père, devenu veuf, partit s'établir en Thessalonique, au nord de la Grèce. Il se remaria et malheureusement la nouvelle mère fut une vraie marâtre pour notre jeune fille. On s'en débarrassa en l'envoyant servir une très riche veuve juive du nom de Plantilla qui détestait les chrétiens. Quand l'occasion se présentait, notre jeune sainte se rendait à l'église où elle priait dévotement Notre Seigneur Jésus-Christ. L'ayant su, la veuve la fit ramener à la maison, attacher sur un banc et fouetter cruellement. On la laissa attachée et allongée sur le banc tout le jour, puis la nuit suivante. Un ange alors, vint la délivrer et la conduisit à l'église sans avoir besoin d'ouvrir la moindre porte. Ayant appris tout ça, la veuve la ramena au logis et sur le même banc que la première fois l'attacha et la fouetta une nouvelle fois avec une violence incroyable. Trois jours entiers, notre jeune sainte resta liée sans avoir à manger. L'ange, une seconde fois, la délivra et l'emporta à l'église malgré les portes closes. Plantilla, constatant cela, revint la chercher et avec une méchanceté satanique répéta frénétiquement ses coups de fouet. Notre jeune sainte ne supporta pas ce traitement ignoble et rendit l'âme. Ce meurtre se produisit sous le règne de Dioclécien et de Maximien (vers l'an 300).

La communauté chrétienne de Thessalonique enterra le corps de sainte Matrone avec de grandes marques de dévotion. Quand la région fut occupée par les Turcs, ils décidèrent de vendre les reliques de la sainte pour humilier les chrétiens et les priver d'un centre important de pèlerinage. Des marchands marseillais l'achetèrent pour 29 écus. Ils estimèrent que Jésus ayant été vendu en d'autres temps pour 30 écus, le corps de la sainte ne pouvait valoir autant que le Seigneur. Les marchands embarquèrent le corps dans un bateau en partance pour le golfe du Lion. Au large de Barcelone, ils subirent une violente tempête qui mit en danger le navire. Le capitaine chercha refuge dans le port au pied de la montagne de Montjuic et débarqua la cargaison. Quand le calme revint, on voulut rembarquer mais dès qu'on déplaça le corps de sainte Matrone, la bourrasque se déchaîna à nouveau. Le phénomène se renouvela plusieurs fois jusqu'à ce qu'on comprenne, enfin, que la sainte souhaitait rester à Barcelone.

Pour expliquer le rôle des marseillais, une légende fait intervenir Louis 1er dit "le Pieux", fils de Charlemagne. Malade, il entendit parler des vertus miraculeuses des reliques de sainte Matrone, dans des cas similaires. L'Empereur passa donc commande à la corporation des marchands et marins de Marseille.

On dit également que toute une volée d'hirondelles quitta les Balkans en même temps que le navire des marchands marseillais. Les oiseaux suivirent le corps de la sainte tout au long du trajet sur mer et arrivèrent avec lui le 27 mars. Depuis, chaque année, les descendants-hirondelles reviennent à Barcelone à cette date et y font beaucoup de tapage.

Dans la ville de Barcelone actuelle, il ne reste pas grand-chose évoquant sainte Matrone. Elle est sainte patronne de la ville, avec sainte Eulalie (Eulalia) mais peu de Barcelonais semblent le savoir ! En effet, au 17e siècle, Notre Dame de la Merci (de la Mercé en Catalan) aurait sauvé Barcelone d'une invasion calamiteuse de criquets. En 1868, elle fut déclarée aussi sainte patronne de la ville. Mercé a, de fait, supplanté Eulalia et Madrona.

devant le MAC Barcelone Le monastère qui portait le nom de sainte Madrona a été détruit. On y a construit au milieu du 19e la Plaza Real ou Plaça Reial (Place Royale, à deux pas des Ramblas - 1 sur le plan). Une ruelle modeste porte son nom dans la quartier du Raval (métro Paral-Lel - 3 sur le plan). L'unique porte encore existante des murailles médiévales de Barcelone s'appelle Portal de Santa Madrona et ce nom est repris par une rue importante, près du métro Drassanes : carrer del Portal de Santa Madrona - 2 sur le plan. Enfin, il existe une église paroissiale Santa Madrona (10 rue Tapioles - 4 sur le plan) inaugurée en 1888, incendiée pendant les émeutes de juillet 1909 ("Semaine Tragique") et saccagée dès le début de la Guerre Civile, en juillet 1936, comme toutes les églises de Barcelone, anciennes ou pas (car "on y aurait tiré sur le peuple" ?? ) De la rue Margarit, entre les nos 7 et 9, on peut voir, contre le chevet, une ancienne porte (18e) d'un couvent qui se trouvait là. L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, comme à Montsaunès et pour la chapelle Sainte-Matrone de Mazères  ! Sur la colline de Montjuïc existe une "Promenade Sainte-Matrone", le Paseo ou Passeig de Santa Madrona qui mène aux jardins du Palais Albéniz (résidence royale) qui abrittent la vieille chapelle Santa Madrona - 5 sur le plan. Au numéro 39 se trouve le Musée Archéologique Catalan (MAC) avec contre sa façade un dolmen et un menhir. Rien n'indique si ce sont des vrais ou faux monuments. Ils proviendraient de la commune de Capmany, au nord de Figueras (Figueres). Coïncidence, il existe un vrai menhir dédié à sainte Matrone à Seva, au sud de Vic, au nord de Barcelone.


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plaza Real
Plaza Real
ruine Santa Madrona 1909
ruine (1909)
vieille carte postale
Carte postale
église Santa Madrona
Église (2012)
église Santa Madrona
porche (1909)
église Santa Madrona
porche (2009)
7-9 rue Margarit
rue Margarit
église Santa Madrona
fresque (2010)
église Santa Madrona
zoom
gravure
gravure
église Santa Madrona
statue (2012)
plaque de rue
plaque de rue
chapelle
sur le Montjuïc
mur Santa Madrona
murailles
au bastion Madrona
au bastion Madrona
portal Santa Madrona
portail
dans la sacristie de la cathédrale
cathédrale
vitrail, mairie
Mairie
plan
plan (IGN)

On retrouve les noms nos deux saintes co-patronnes de Barcelone, Madrona et Eulalia, à l'Hôpital de la Santa Creu i de Sant Pau (Sainte-Croix et Saint-Paul) classé au Patrimoine Mondial de l'UNESCO pour son architecture Moderniste (Art Nouveau). Le premier bâtiment à gauche du bel immeuble administratif d'entrée (flèche rouge sur le plan) apparaît souvent avec leurs noms. L'architecte du projet et de la réalisation fut Lluis Domènech i Montaner (1901-23). Son fils, Pere Domènech i Roura termina l'ensemble (1923-30). Ouvrir notre page sur l'Hôpital de la Santa Creu i de Sant Pau

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ASSOCIATION pour la RESTAURATION de la CHAPELLE SAINTE-MATRONE