LES ARBALÈTES DE LA CHAPELLE SAINTE-MATRONE

Depuis longtemps on a remarqué sur des parois de grottes, de rochers et de monuments des signes qu'on n'a pas osé appeler "arbalètes" mais qu'on a désigné sous le nom plus général d' "arbalétiforme". On pense y voir des représentations d'archers et de corps humains. À vrai dire, quand ces signes se trouvent sur des monuments parfaitement datables, avec des détails spécifiques à cette arme, on peut affirmer que le graveur-dessinateur a tracé bel et bien une arbalète. éventuellement, son geste avait un contenu symbolique. À Sainte-Matrone, postérieurement à l'édification (11e siècle) des individus (des moines-soldats Templiers probablement) ont tracé des signes arbalétiformes et des arbalètes avec étrier pour mettre le pied et queue de détente. Les arbalétiformes peuvent aussi être des arbalètes mal dessinées.

graffitis graffitis

L'arc existait au paléolithique, l'arbalète probablement pas, mais on ne sait pas. Le paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, durant laquelle la société humaine ne produisait pas encore sa nourriture. C'étaient des chasseurs-cueilleurs uniquement. À l'époque gallo-romaine, il existe vraisemblablement des arbalètes. De cette époque, le musée de Saint-Germain-en-Laye possède plusieurs carreaux (les flèches de l'arbalète) et le musée Crozatier du Puy-en-Velay montre un bas-relief avec un objet qui ressemble bien à une arbalète.

arbalète romaine La généralisation de l'arbalète durant les guerres n'intervient chez nous qu'à partir du 12e siècle. En Chine, bien avant. Ainsi, on en a découvert une de -2200 environ). On sait que l'Église n'aimait pas cette arme. Elle en condamnait l'usage contre des chrétiens. On peut penser que contre des musulmans, des hérétiques ou païens, elle trouvait l'arme acceptable. Dans la mentalité médiévale, l'arbalète n'est pas une arme noble. Elle est indigne des chevaliers qui s'affrontent en un combat d'égal à égal. C'est l'arme de la "piétaille". Ces préventions ne durèrent pas et l'arbalète fut largement utilisée, y compris au temps des premières armes à feu. Sous le nom de "Sauterelle" on en utilisa encore en 1915 dans l'armée française pour lancer des grenades à environ 125m. Le rythme était de 4 grenades à la minute.

sauterelle de 1915

Par rapport à l'arc, l'arbalète possède au moins deux atouts : sa puissance, car on utilise un levier pour bander l'arc, et la faculté de tirer au moment choisi grâce à une sorte de cliquet muni d'une encoche (la "noix"). De la sorte, le carreau muni d'un fer, perce les armures les plus épaisses. L'arc, lui, moins puissant, est surtout redoutable sous forme de "pluies de flèches". L'efficacité de l'arc dépend de la force musculaire de l'archer.

Le tracé arbalétiforme étant facile à réaliser, des tailleurs de pierre l'ont utilisé comme marque. La photo, ci-dessous, a été prise dans la partie romane de la cathédrale Saint-Jacques à Compostelle en Galice.

graffiti dans la cathédrale Saint-Jacques




Association pour la Restauration de la Chapelle Sainte-Matrone


Accueil du site clic Documents et images clic